Rétrospective sur l’économie mondiale en 2015

⦁ La pauvreté dans le monde :

La part de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté, selon des estimations récentes, représente 702 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté fixé à 1,9$ par jour, majoritairement en Afrique Subsaharienne et en Asie du Sud. Pour le président de la banque mondiale, Jim Yong Kim, ce recul historique constitue « la meilleure nouvelle pour notre monde actuel » et témoigne des progrès accomplis pour parvenir à mettre fin a l’extrême pauvreté dans le monde d’ici 2030. D’un autre côte le sort de 40% des plus pauvres s’améliore La hausse des revenus observée depuis dix ans a aidé les 40 % les plus pauvres de la population dans de nombreux pays. Sur la période 2007-2012, leurs ont progressé dans 65 des 94 pays pour lesquels les données sont fiables et comparables. Parmi eux, 47 pays ont enregistré une « prime liée à la prospérité partagée », avec une hausse plus rapide des revenus pour les 40 % les plus pauvres que la hausse moyenne de la population générale, ce qui a réduit les inégalités de revenu entre ces groupes.

⦁ La COP21 :

Des représentants de 195 nations se sont réunis le 12 Décembre 2015 pour signer l’accord historique de Paris sur le Climat. Un engagement qui consiste à réduire les émissions à effets de serre (GES) dans le cadre d’une initiative mondiale qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre le changement climatique. L’accord confirme le rôle des incitations de réduction des émissions ainsi que la tarification carbone. Dans le cadre de l’accord de Paris, plus de 90% de pays développés et en développement prévoient d’introduire des dispositifs de tarifications du carbone dans leurs plans d’actions.

⦁ Les déplacements forcés :

Plus de 60 millions de personnes, forcées de se déplacer, un record depuis la Seconde Guerre Mondiale. Plus de  la moitié des quelques 20 millions de réfugiés dans la monde sont originaires de Syrie, d’Afghanistan et de Somalie. La banque mondiale, les Nations Unis et la Banque Islamique de développement ont annoncé en Octobre vouloir s’atteler à la crise grandissante des réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à travers l’émission d’obligations qui permettraient de lever des milliards de dollars d’aide aux personnes déplacées et de financer la reconstruction d’une région déchirée par la guerre.

. ⦁ Les Objectifs de Développement Durable (ODD) :

En septembre, la communauté internationale s’est réunie pour adopter les objectifs de développement durable (ODD) — un arsenal de 17 objectifs mondiaux dont l’ambition est triple : mettre fin à l’extrême pauvreté, lutter contre les inégalités et l’injustice et régler le problème du changement climatique. L’année 2015 a également vu le lancement du Partenariat mondial pour les données du développement durable, qui réunit un large groupe d’experts et d’institutions afin d’améliorer l’exploitation des données et des technologies au service du suivi et de la réalisation des ODD

. ⦁ Aide publique au développement (APD) :

Les niveaux d’aide publique au développement (APD) ou d’« aide étrangère » aux pays en développement sont déjà éclipsés par les flux de ressources privées (comme les transferts de fonds des migrants) et les investissements étrangers commerciaux. Les nouveaux et ambitieux objectifs de développement durable exigent une ambition équivalente dans la mobilisation des « milliards » d’APD et d’autres ressources disponibles pour le développement afin d’attirer, de démultiplier et de mobiliser des milliers de milliards d’investissements, toutes sources confondues. Deux sources devraient y contribuer : les ressources intérieures de chaque pays (comme les recettes fiscales), puisque c’est là qu’ont lieu l’essentiel des dépenses de développement, et les financements et investissements commerciaux, qui semblent être la meilleure source de fonds supplémentaires.

⦁ Chute libre des prix des matières premières :

L’effondrement des cours des produits de base, enclenché voici quatre ans dans les secteurs des métaux et de l’agriculture suivis, courant 2014, du pétrole, s’est confirmé en 2015. Selon le rapport Commodity Markets Outlook, la baisse des prix de l’énergie, des métaux et des produits agricoles cette année s’explique en partie par une hausse de l’offre, des récoltes record, l’atonie de la demande et l’appréciation du dollar américain. La fin du « super-cycle » des matières premières conduira les exportateurs du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe à s’ajuster à une nouvelle normalité, tandis que les importateurs, comme l’Inde, profiteront d’une baisse de leurs dépenses.

⦁ Ebola Perdure :

Selon un rapport de la Banque mondiale, le nombre estimé de victimes d’Ebola parmi les agents de santé fait redouter une hausse de la mortalité en général, même lorsque la fin de l’épidémie a été officiellement déclarée. La mortalité maternelle en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria pourrait ainsi augmenter de respectivement 38, 74 et 111 % — ce qui signerait un retour aux taux d’il y a 15 à 20 ans. Le rapport a constaté que l’épidémie d’Ebola avait affaibli les systèmes de santé éminemment fragiles de ces pays et, qu’en mai 2015, le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée avaient respectivement perdu 8,07, 6,85 et 1,45 % de leur personnel soignant — un taux supérieur à la mortalité de l’ensemble de la population.

⦁ Doing Business :

Plus de 60% des pays améliorent leur réglementation des affaires L’édition 2016 du rapport Doing Business a identifié 231 réformes ayant contribué à améliorer l’activité commerciale dans 122 pays de la planète. Ainsi, des données couvrant les 12 dernières années montrent qu’en 2003, il fallait en moyenne 51 jours pour démarrer une nouvelle entreprise, un délai ramené à 20 jours, soit réduit de plus de la moitié. En outre, les données montrent des signes encourageants en matière de convergence vers les meilleures pratiques, puisque les économies à faible revenu témoignent d’une amélioration plus importante que les économies à haut revenu au fil du temps. Le cas du Mozambique illustre cette tendance : en 2003, il fallait à un entrepreneur 168 jours pour créer une entreprise ; cela ne prend désormais que 19 jours

⦁ Démographie :

L’évolution démographique influence notre avenir Alors que la population mondiale en âge de travailler a atteint un niveau record de 66 % en 2012, certaines régions d’Afrique et d’Asie voient exploser le nombre de leurs actifs, l’occasion pour ces pays d’améliorer leur prospérité et leurs niveaux de vie. Selon le Rapport de suivi mondial 2015, plus de la moitié de la population en âge de travailler dans le monde d’ici 2050 vivra en Afrique subsaharienne. Tandis que la population mondiale devrait atteindre 9,7 milliards d’habitants en 2050, la moitié pratiquement de cette hausse sera à imputer à neuf pays seulement.

⦁ Baisse record des taux de mortalité maternelle et infantile Entre 1990 et 2015 :

Les taux de mortalité des mères et des enfants de moins de cinq ans ont respectivement reculé de 44 et 53 %. Cela signifie que le nombre d’enfants mourant avant leur 5e anniversaire a considérablement diminué — de 12,7 millions en 1990 à 5,9 millions en 2015 — grâce à des interventions fondées sur des données probantes pour lutter contre les principales maladies infectieuses, comme les moustiquaires imprégnées d’insecticide, la réhydratation des victimes de diarrhées, les compléments nutritionnels et les aliments thérapeutiques. Pourtant, 16 000 enfants de moins de 5 ans continuent de mourir chaque jour, des décès imputables dans pratiquement la moitié des cas à la malnutrition.

⦁ Femmes activent :

Les femmes activent se heurtent toujours à des entraves juridiques. L’édition 2016 du rapport sur Les femmes, l’entreprise et le droit révèle que 155 économies sur 173 ont au moins une loi restreignant les opportunités économiques des femmes. Dans 100 cas, les femmes se heurtent à des restrictions professionnelles liées à leur sexe. Elles n’ont pas la même latitude que les hommes pour certaines activités économiques et n’ont parfois pas le droit d’exercer un métier défini, surtout dans les secteurs aux salaires confortables.

Nihel Alloui