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Crédit agricole : “l’Algérie dispose d’un peu de temps pour mettre en place des réformes”

Peu de réformes ont été réalisées en Algérie, malgré les difficultés économiques, estime le groupe Crédit Agricole dans une de ses publications hebdomadaires « Perspectives émergents ». «Depuis l’été 2014, peu de réformes d’envergure ont été réalisées, car les autorités espéraient sans doute une remontée rapide des cours du pétrole » commente le groupe bancaire français. Depuis début 2015, constate le Crédit Agricole, « la Banque centrale a autorisé une dépréciation du dinar de 23% par rapport au dollar ; ce qui devrait contribuer à réduire un peu le déficit commercial et à rabaisser les seuils d’équilibre du budget (115 USD le baril) et du solde courant (90 USD le baril selon le FMI) ». Toutefois, Pour le groupe bancaire français, les principaux défis restent politiques et sociaux.
«Envisager la privatisation des entreprises publiques inefficaces, réduire le taux de l’économie informelle estimé à 40% du PIB, lutter contre les corruptions et instaurer un meilleur climat des affaires pour attirer des IDE semblent des priorités sans doute plus urgentes que la réduction des subventions, à l’économie qui devait paupériser une classe moyenne encore peu développée » suggère le Crédit Agricole.

La croissance du PIB devrait décélérer en 2015 à 1,5%

Selon le groupe bancaire français, la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait nettement décélérer en 2015 à 1,5%, après une année 2014 à 4,1%, et ce, en raison de la chute du prix du pétrole et du gaz exportés. Les recettes pétrolières chutent de 50% en 2015 et le déficit courant pourrait atteindre 15% du PIB. De son côté, le déficit budgétaire pourrait également atteindre 13% du PIB dans la mesure où les deux tiers des recettes fiscales proviennent des taxes sur les hydrocarbures. « En l’absence d’IDE, car l’économie manque d’attractivité en raison de nombreux freins administratifs et dans la mesure où l’État est réticent à faire progresser le niveau de la dette publique, les déficits courant et budgétaire devraient donc être comblés par pompage sur les réserves en devises et sur le Fonds de régulation des recettes budgétaires », estiment les économistes du groupe bancaire français.

La contraction des réserves de change devrait se poursuivre

Les réserves en devises, rappellent-ils, ont baissé de 18% à 159 milliards de dollars depuis le pic de l’été 2014, et “cette contraction devrait se poursuivre au cours des prochains trimestres”. L’économie, constate le Crédit agricole, “est peu diversifiée et souffre du syndrome de la maladie hollandaise depuis de nombreuses années : le potentiel industriel hors hydrocarbures s’est très fortement détérioré et l’économie dispose actuellement de peu de relais de croissance et d’exportation”. Cependant, note le Crédit agricole, “l’Algérie est un pays pratiquement sans dette publique, ni dette externe, et dispose donc d’un peu de temps pour mettre en place des réformes pour stabiliser ses déficits”.
Kezoul L.

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