Les enjeux socio-économiques de la communication publicitaire

communication publicitaire

Estimé à plus de 200 millions de dinars, le marché de la publicité en Algérie  souffre d’une cruelle absence d’organisation et de structuration, selon Rachid Hassas, l’organisateur des 10éme journées Euromaghrebines de la communication publicitaire, qui se  sont déroulés, le 11 et 12 décembre à Alger.

Ce dernier préconise une structuration du secteur sur des bases d’éthique et de déontologie « malgré les efforts consentis par le ministère de la communication, les faiblesses et les obstacles persistent, il s’agit de plus de 4000 agences de publicité qui détiennent 80% du marché contre 20% pour l’ANEP » a précisé M.Hassas.

Ce dernier préconise la création d’un syndicat ou d’une fédération, pour réguler le marché et aboutir à un fonctionnement sain et correct. Parmi les entraves majeures que rencontrent les publicitaires en Algérie, Riad Ait Aoudia P-dg de MediAlgerie désigne en premier lieu, la gestion de l’incertitude dans l’entreprise de communication publicitaire.

Celle-ci demeure alimentée par des signaux alarmants, qui souvent s’avèrent être des rumeurs « il est vrai que le risque fait partie de l’entreprise, mais la rumeur est également le résultat d’une désorganisation flagrante, j’estime qu’il faut fonctionner sur une stratégie de communication et non au gré des rumeurs » a affirmé le P-dg de MediAlgeria.

« Du côté institutionnel, le fossé se creuse davantage, car les autorités ne peuvent être à l’écoute d’un marché qui n’est pas représenté officiellement » estime M.Ait Aoudia  qui s’est penché sur l’effet sociodémographique, et il en déduit « une croissance permanente des budgets publicitaires ».

En outre,  il considère que les crises offrent des opportunités importantes pour communiquer « le marketing est la clé de la bonne communication, dans le sens, où 61% des publicitaires fixent la stratégie avant le budget, tandis que 27 % favorisent d’abord le budget » a indiqué M.Ait Aoudia.

Pour lui « le plus important est de construire la marque du produit, car 84% des produits achetés, le sont qu’ à travers la marque, c’est  voir, toucher et ressentir, qui intéresse le consommateur, à cela s’ajoute l’effet de la mémorisation».

L’autre volet crucial pour le Pdg de MediaAlgeria, est la constance dans la communication, « car il faut  raisonner sur la base de la marque et non sur l’importance des stock, les entreprises qui n’ont pas voulu communiquer estimant qu’il n’avaient pas besoin, ses ont très vite retrouvés dépassées par le marché » a expliqué  M.Ait Aoudia, qui insiste sur le fait qu’il ne faut jamais arrêter de communiquer car c’est la seule voie qui augmente les parts de marché, et par conséquent assure le développement de l’entreprise « une bonne communication est celle qui obtient la confiance des ménages » a-t-il conclu.

Pour le représentant du ministère de la communication, M.Bekouche, il s’agit plutôt d’éthique et de déontologie « une communication publicitaire, doit se rapprocher de l’art, respecter les valeurs de la société et surtout évoquer de l’émotion, sinon son effet, ne peut être efficace »a argué M.Bekouche.

Le conseiller du PDG de l’ANEP, Larbi Bouinoune, a confirmé la position de l’ANEP par rapport au marché, et précise « que l’Anep est entièrement disposé à faire bénéficier le marché de son expérience, et se dote d’une nouvelle gestion orientée vers les nouvelles technologiques, et en prenant en considération le développement du marché sur le plan qualité et fiabilité des produits ».

Par ailleurs M.Bouinoune, a souligné que « l’ANEP se dirige vers un plan de modernisation qui commencera selon lui, par la disponibilité du e-Book, de présence sur la toile, et favorisera dans sa nouvelles stratégie les partenariats gagnant/gagnant avec les entreprises privées pour les projets d’affichage ».

Intervenant par vidéo, Dominique Wolton directeur de recherche au CNRS, a évoqué « l’importance de la relation entre les deux rives de la méditerranée, en soutenant que la communication publicitaire doit également passer par le devoir de mémoire des pays d’Afrique, du Maghreb et de l’Europe. L’histoire, la culture, l’économie, les traditions et la modernité, doivent favoriser les déplacements entre ces peuples et les prendre en compte dans le travail publicitaire ».

Lire plus :
Fermer