Affrontement en France à cause d’un projet de loi sur le travail

manifs-loi-travail-m
    Les manifestations des salariés, étudiants et lycéens, organisées jeudi en France, contre le projet de loi du gouvernement sur le travail ont dégénéré en affrontements avec la police dans plusieurs villes. A Paris, Rennes, Lyon, Grenoble ou Nantes, les différents rassemblements ont pratiquement viré à l'affrontement entre manifestants et forces de l'ordre. Dans la capitale, de violents affrontements ont éclaté où plusieurs dizaines de manifestants ont lancé des bouteilles, des pavés et des extincteurs contre les forces de l'ordre. Des médias locaux, notamment les chaînes TV, images à l’appui, rapportent que des explosifs ont été lancés sur la police à Rennes où plusieurs milliers ont défilé. Les policiers ont répliqué à coup de gaz lacrymogènes, pour disperser les manifestants et ont procédé à des interpellations. A Grenoble, des heurts ont éclaté après que certains manifestants eurent mis le feu à une structure en bois. Plusieurs personnes ont été interpellées, avant même le départ du cortège, indique-t-on. Une voiture et un scooter ont été incendiés à Nantes et des abribus et des caméras de vidéosurveillance brisés. Aucun chiffre sur le nombre de blessés ni sur les interpellations n’a été avancé pour l’instant. Ces heurts et affrontements ont éclaté au moment où les Français redoutaient une explosion sociale, à en croire les résultats d’un sondage Elabe, rendus publics jeudi. Près de huit Français sur dix (78 %) ont estimé qu'il existe aujourd'hui en France "un risque élevé" d'"explosion sociale", contre 22 % pour lesquels ce risque est "faible". Ce risque de crise sociale "avec une multiplication des conflits sociaux voire un blocage du pays" est réel pour 64 % des proches de la gauche et 84% de ceux de la droite. Après deux mois de contestation, le gouvernement Valls ne semble guère enclin pour retirer son projet de réforme du code de travail, jugé favorable aux patrons, donc facteur de précarité pour les salariés, notamment les jeunes qui se manifesteront bientôt sur le marché du travail. Le texte en question, qui a subi déjà des modifications, propose plus de souplesse aux entreprises, notamment en ce qui concerne l'aménagement du temps de travail, et de clarifier les règles de licenciement économique. La protestation de jeudi sera, selon ses promoteurs, suivie dimanche, le 1er mai, par une autre avec un seul mot d’ordre : le retrait pur et simple du projet revendiqué par les syndicats opposants qui estiment que "gagner le retrait du projet de loi travail est possible". Les syndicats comptent aussi demander, mardi prochain, aux parlementaires de rejeter le texte, promettant d’autres manifestations si le projet n'est pas retiré. La journée de jeudi a été marquée également par l’absence de quotidiens chez les buralistes en raison d’une grève déclenchée par les imprimeurs. Tous les quotidiens nationaux ne sont pas parus. Certains ont proposé leur édition numérique gratuitement afin de pallier à cette perturbation que beaucoup de titres ont déplorée. Le transport a connu des perturbations limitées dans le sens où 20 % des vols ont été annulés et beaucoup de retards accusés dans la matinée. Le transport ferroviaire, secoué mardi par une grève, a aussi connu des perturbations jeudi, alors que les transports publics dans la région parisienne (bus et métro) fonctionnaient normalement, hormis quelques désagréments au niveau du RER. Pour rappel, la contestation a commencé le 9 mars et le 31 mars, des défilés avaient réuni 390.000 personnes en France selon les autorités et 1,2 million selon les organisateurs. Elle s'est élargie avec le mouvement "Nuit debout" qui occupe, de façon permanente, la place de la République à Paris.    
Lire plus :
Fermer