Le PLF 2018, ne sera soumis au vote par le parlement qu’après les élections locales

Le ministre des finances Abderrahmane Raouiya a réaffirmé que les nouvelles mesures et prévisions introduites dans le projet de la loi de finances pour 2018, sont dictées par une conjoncture difficile et permettront à l’Etat de faire face aux différents déséquilibres financiers que connait le pays.

Répondant ce mardi aux questions des députés de l’Assemblée nationale populaire (APN), portant sur le PLF 2018, le ministre des finances, s’est montré confiant sur les mesures et les prévisions qu’il a jugé «réalisables». En abordant les questions qui ont été récurrentes, à l’instar de taux de croissance, l’orientation des transferts sociaux, la réforme du système financiers et fiscal, et le financement non conventionnel, ou bien la taxe sur la fortune, le Premier argentier du pays, a souligné que la croissance de 4% prévu dans le PLF est largement réalisable en se basant sur les valeurs ajoutées que connaitront les secteur des hydrocarbures, et le BTPH, ainsi que l’industrie. Raouiya a par contre indiqué que les prévisions du FMI pour la croissance en Algérie n’ont pas pris en considération les augmentations de 60% prévus pour le budget d’équipement.

EFTG

S’exprimant que sur le prix de référence du baril qui est fixé à 50 dollars pour les trois années prochaines, l’intervenant a expliqué que malgré l’augmentation des prix remarquée ces jours ci, cette prévision est établie sur la base des perturbations et l’instabilité que connaissent les prix du pétrole sur les marchés internationaux.

Pour ce qui est du financement non conventionnel adopté récemment par le parlement, le ministre des finances a rappelé que cette solution vise à soutenir la liquidité bancaire afin de financer les investissements  et aussi à couvrir les besoins d’investissements de la Sonatrach et la Sonelgaz. Toutefois, il a rassuré que la Banque D’Algérie prendra les mesures nécessaires afin de contrôler ce procédé et le taux d’inflation.

Répondant toujours sur les questions, Raouiya a souligné que les augmentations de taxes des lubrifiants visent en premier lieu à rationaliser la consommation qui est de l’ordre de 14 000 tonnes par an et les importations qui dépassent les 900 milliards de dinars. De toute manière, il a estimé que cette hausse n’aura pas d’incidence sur le pouvoir d’achat des ménages, car certains secteurs garderont leurs subventions comme celui de l’agriculture.  Par ailleurs, il n’a pas répondu concernant les questions de la taxe sur la fortune, sur laquelle plusieurs députés ont demandé ses modes d’applications.

S’agissant des transferts  sociaux qui sont de l’ordre de 20% de budget et de 9% du PIB, le ministre a reconnu qu’ils constituent un grand fardeau pour le trésor public, d’où la nécessité de mettre en place des mécanismes pour les orienter vers les plus nécessiteux. Des mécanismes qui devraient être préparés minutieusement.

Pour ce qui est des réformes des systèmes bancaire et fiscal,  Raouiya a mis en exergue, quelques actions qui rentrent dans le cadre d’amélioration des recettes fiscales, mais il a toutefois, souligné la nécessité d’accompagner cela avec des méthodes plus modernes et la formation du personnel qu’il faut. L’objectif est de lutte contre l’évasion et la fraude fiscale ainsi que l’augmentation de l’assiette fiscale.

Pour le système bancaire le ministre a appelé à des nouvelles  offres des produits sur la marché, à titre d’exemple, il a cité, le produit islamique qui sera bientôt mis sur le marché par des banques publiques.  Cependant, il a insisté sur l’importance de mettre le système financier national aux standards mondiaux tel que l’introduction des établissements financiers en Bourse.

Auparavant, les présidents des dix groupes parlementaires qui ont fait leurs interventions dans lesquelles ils ont résumé les grandes remarques faites par les députés de leurs partis respectifs.

Pour précision, le débat sur le PLF a permis l’introduction de plusieurs dizaines d’amendements qui seront traités à la commission des finances à l’APN. Par contre le vote sur le projet de loi est prévu le 26 du mois, juste après les élections locales, chose qui a suscité des interrogations chez plusieurs députés.