Mourad Zemali, Ministre du Travail : «L’informel, c’est du terrorisme ! »

«L’informel c’est du terrorisme. Il faut le combattre comme on combat le terrorisme», a indiqué ce mardi, le ministre du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, M. Mourad Zemali, lors de la rencontre-débat sur la sécurité sociale et l’inspection du travail tenue à l’Ecole Supérieure de la Sécurité Sociale (ESSS) d’Alger.

Ces propos du ministre étaient en réponse aux doléances de la représentante de la fédération nationale des agences immobilières, qui a soulevé le problème de l’informel qui sévi dans son secteur. A cette question de l’informel, M. Zemali a ajouté que «nous faisons tout pour que ce phénomène ne trouve pas son compte. Et si, ceux qui l’animent veulent trouver leurs comptes, ils doivent activer dans le formel». Et ce, selon lui «soit-il dans le commerce, a non-déclaration des travailleurs…etc. L’informel concerne tout le monde».

EFTG

Le ministre du travail a  rappelé lors de son intervention que «le système national de la sécurité sociale, notamment, la caisse nationale des retraites (CNR) connait actuellement un dérèglement financier, causé par la conjoncture économique. Mais, des efforts ont été faits par le gouvernement pour pallier à ce problème». Car, selon le ministre, à l’exemple des retraités, «Il faut les payer. Et rien que  pour cette catégorie, l’Etat a débloqué 500 milliards DA».

Toutefois, concernant la CASNOS  (caisse national d’assurance des non-salariés) et la CACOBATH (caisse nationale des congés payés et du Chômage-Intempéries des Secteurs du Bâtiment, des Travaux Publics et de l’Hydraulique, le ministre a estimé que, les indicateurs de ces deux organismes sont dans le vert et ne connaissent pas difficultés. Mais, M. Zemali a estimé nécessaire «de réformer le système national de la sécurité sociale.

A cette occasion, le ministre du travail a appelé à «continuer le débat Etat-partenaires sociaux et économiques, qui est une conviction, pour arriver à trouver des solutions. Mais, un débat responsable, pour asseoir une vraie stratégie de développement économique et social de notre pays, en créant de la richesse e de l’emploi».

Par la même occasion, M. Zemali, a procédé à l’installation officielle des conseils d’administration, de la CNAS, de l’Inspection du Travail, de la CASNOS, de la CACOBATH. A ce propos, il indiqué que «le rôle de ces conseils d’administration de ces institutions de la sécurité sociale et du travail, est la gestion transparente». Ajoutant que «L’administration doit s’ouvrir aux partenaires sociaux et économiques. Et c’est là que consistera également le rôle de ces Conseil d’Administration, ouvrir le débat et faire participer les partenaires». Tout en appelant à «accompagner les entreprises, car, elles sont les pourvoyeuses de fonds. Et l’une des raisons du déficit actuel dans le système national de la sécurité sociale, c’est la réduction du nombre d’entreprises qui cotisent, parce qu’elles font face à une crise financière et ne peuvent pas cotiser, et n’arrivent pas par conséquent à employer».

Pour sa part, M. Nait Abdelaziz, représentant du patronat a, lors de cette rencontre-débat, estimé qu’«il faut engager un débat franc. Parce que, ce sont, nous les partenaires sociaux et économiques qui sommes concernés en premier lieu». Il a plaidé pour une mise à niveau des lois et textes régissant la sécurité sociale, et encourager la création des PME, qui doivent selon lui, bénéficier d’une attention particulière, car, elles sont la source de la création de la croissance, de richesse et d’emplois. Quant à M. Achour Telli, représentant de l’UGTA, a relevé l’insuffisance dans l’application des lois sur le terrain, en estimant que «70% des lois ne sont pas appliquées par les entreprises».