Racim Benghanem, Chef de la Délégation Algérienne aux rencontres Africa : « La signature d’accord avec la CEDEAO, rendrait nos produits compétitifs à l’export »

Racim Benghanem

Racim Benghanem, Chef de la Délégation Algérienne aux rencontres Africa, nous explique dans cet entretien, l’importance des marchés africains, et leurs éventuels  impacts sur l’économie nationale. Il insiste notamment sur la promotion de l’investissement des entreprises algériennes en Afrique.

Algérie- Eco : Qu’est ce qui a motivé l’organisation des rencontres Africa, et quel impact ont-elles sur l’investissement en Afrique ?

Racim Benghanem : Le continent africain joue, aujourd’hui, un rôle essentiel dans le monde économique. L’objectif des Rencontres Africa 2017, organisé pour la deuxième année consécutive par Classe Export, est de faciliter et de diversifier les échanges, de faire naître des coopérations industrielles, économiques et technologiques, de créer des emplois en plaçant l’homme au centre des préoccupations, de favoriser le transfert de savoir-faire, de développer des formations.

Le potentiel de développement sur le continent est important, dans la mesure où dans certains pays ont enregistré des taux de croissance à deux chiffres. Même si, les chiffres indiquent un fléchissement de la croissance globale pour l’année 2016, qui est dû à l’effondrement des prix de produits de base notamment le pétrole

L’Afrique a toujours été considérée comme un fournisseur de matières premières brutes uniquement.     Or, ces dernières années, des industries ont vu le jour et émergent dans différents secteurs, Industrie Mécanique, Industrie Automobile, l’Agriculture et la transformation agricole les nouvelles technologies, pharmaceutique etc. Pour cela, il est important, de réunir ces acteurs africains autour de conférences de réflexion sur le développement du continent mais également des rencontres d’affaires.

Que pensez-vous, des actions menées par la BAD (banque africaine de développement), en matière de financement ?

La BAD joue un rôle important dans le financement de projets sur le continent africain. Depuis sa création, cet établissement a financée plus de 120 Milliard de $ de prêts et de dons, et presque 9 Milliards de $ pour la seule année 2015.

Les opérations du Groupe de la Banque ont financé des projets d’investissements d’infrastructures dans des secteurs clés comme les transports, l’énergie, l’eau, l’assainissement et les télécommunications afin d’assurer les aspirations des pays africains dans la diversification de leurs économies.

Il est important de soutenir, encore davantage, les efforts de la BAD pour encourager notamment les investissements d’infrastructures, afin de permettre d’interconnecter les pays des différentes régions entre elles.

Quelle stratégie doit adopter l’Algérie, selon vous, pour être plus présente sur les marchés africains ?

On ne le répétera jamais assez, mais l’Algérie doit marquer sa présence en force dans les manifestations économiques africaines, et ainsi reprendre une place importante comme puissance économique sur le continent africain. Il est important, pour l’Algérie, d’identifier son offre exportable pour, dans une première phase, concentrer les efforts sur les produits immédiatement exportables. Puis ensuite tracer une feuille de route afin d’introduire d’autres produits et services sur la marché africain.

L’accélération de la création d’une zones franches, et le moins qu’on puisse faire et de créer une dans le sud  à Tamanrasset comme prévu par le gouvernement, mais également une dans le nord rendant ainsi l’Algérie et le made in Algeria plus attractifs.    La signature d’accords avec les associations régionales, telles que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest – (CEDEAO), rendant ainsi nos produits compétitifs à l’export sans barrières tarifaires sur ces derniers. Pour finir, nos banques doivent également accompagner nos opérateurs économiques à l’étranger.

Quel impact ont eu les journées Africa sur l’économie nationale ?

Les rencontres Africa, est un des événements d’affaires les plus importants du continent africain, plus de 2500 chefs d’entreprises africains et 300 chefs d’entreprise français prendront part aux travaux des conférences sur le développement économique en Afrique, à savoir l’agriculture et l’industrie de la transformation agricole, l’énergie, le numérique, l’industrie de la santé, les financements de projets, et la formation comme vecteur de développement et de facilitation de l’entreprenariat des jeunes.

En marge des rencontres, des rendez-vous d’affaires B to B seront aussi au programme, une opportunité importante pour les entreprises Algériennes exportatrices pour tisser encore des liens sur le continent, et pour celles qui veulent aller à l’international de se faire connaitre et proposer leurs produis.

La dernière édition a vu la participation d’une cinquantaine d’entreprises algériennes qui ont bénéficiées de contrats de fournitures pour quelques pays africains à savoir la cotes d’ivoire, le Sénégal, le Kenya et autres. Nous encourageons fortement, les entreprises algériennes à être présentes en force à cette édition.