Sergei Rachkov, Ambassadeur de la Biélorussie en Algérie, à Algérie Eco « La Biélorussie a les capacités requises pour implanter des usines en Algérie »

Pour sa première participation à la Fia 2017, qui se tient du 8 au 13 mai au Palais des Expositions, la Biélorussie, pays connu depuis l’éclatement de l’Urss en 1991 et comptant pas moins de 10 millions d’habitants, convoite les potentialités de l’Algérie, en proposant des solutions dans le domaine agricole, notamment dans le volet du machinisme, et en formulant le vœu de développer des projets de partenariat visant l’usinage sur place.

C’est dans cette vision, appelée à s’affiner graduellement, que Sergei Rachkov, Ambassadeur de la Biélorussie en Algérie, mais basé au Caire, a bien voulu répondre à nos questions.

Algérie-Eco : Pouvez-vous vous présenter aux citoyens-lecteurs algériens ?

Sergei Rachkov : Je suis Sergei Rachkov, ambassadeur de la Biélorussie en Algérie, depuis maintenant deux ans et demi. Mon siège est situé au Caire, en Egypte.

Pourquoi êtes-vous basé au Caire et pas en Algérie ?

Nous comptons ouvrir le bureau de l’Ambassade en Algérie dans un avenir proche. C’est le vœu commun aux deux gouvernements. Mais avant cette étape,  le pas premier est de consolider les relations économiques et augmenter le volume d’échanges commerciaux entre les deux pays.  

Qu’en est-il justement de ces relations économiques ?

Pour le moment, elles ne sont pas aussi épanouies. Les échanges commerciaux ne représentent qu’une fourchette entre 7 et 22 millions de dollars, le pic ayant été atteint en 2012. Nos exportations vers l’Algérie concernent principalement le domaine agricole, particulièrement les tracteurs et les engrais, ainsi que les instruments de mesure. En revanche, nous importons du phosphate et des légumes et des fruits, qui se taillent la part du lion du global. Mais il faut relever, toutefois, que depuis l’année en cours, les indicateurs d’échange sont au vert, nos ambitions de reprendre du poil de la bête devraient correspondre, selon les prévisions, à l’atteinte des objectifs escomptés.

Quels sont ces objectifs ?

De prime abord, il faut souligner que, pour notre première participation à cette Fia, quinze exposants, entre sociétés, instituts et centres de recherche ont été présents sous quatre tutelles, à savoir, le ministère de l’Industrie de la République de Biélorussie, du Comité d’Etat sur la Science et la Technologie, du ministère de l’Education, et de l’Académie des sciences de la République de Biélorussie, et ce, pour une prise de contact avec leurs homologues algériens. Il s’agit de Belarus, entreprise de fabrication de tracteurs de 36 à 350 chevaux, et qui a déjà son représentant en Algérie (Belarus Motors Algérie), Maz, entreprise spécialisée dans les camions, véhicules de tourisme et véhicules spéciaux, Metz,  societé de construction de transformateurs multifonctionnels de puissance, GomSelMash (moissonneuses-batteuses, machines agricoles), MinProm (qui compte plus de 300 entreprises de constructions de machines, de métaux, de métallurgie, d’électronique et de mécanique), sous la houlette du premier cité. Quant au deuxième ministère cité, sont sous sa houlette : Gknt pour la formation du personnel scientifique, développement du système d’information scientifique-technique, Centre-Basnet dans la coopération internationale en sciences et technologies, alors Minedu-Unibel, chargée des solutions informatiques au profit de l’industrie, et Park-Bntu, société de création de nouvelles entreprises et produits innovants et de mise en place de produits scientifiques et technologiques innovants sur le marché, sont sous l’égide du ministère de l’Education. Enfin, la quatrième et dernière institution a été représentée par le Centre d’analyse systémique et recherche stratégique du National Academy Sciences (Nas) de Biélorussie (Center-Basnet), la Spa Npo Center, de développement et production de lignes pour pansement minérale et traitement des matériaux, équipement de concassage et de broyage, l’Institut de l’Académie nationale des sciences de Biélorussie pour la mécanisation agricole (BelagroMech), le Centre scientifique et pratique de recherche sur les matériaux, (Physics-By), et l’Institut de la métallurgie du poudre(Pmi-Basnet).   

L’agriculture est en force…

Oui, effectivement. Il faut savoir, dans ce cadre, que la production agricole Biélorusse contribue à des recettes correspondant entre 6 à 7% du Produit intérieur brut (Pib), et à des exportations, notamment en produits finis, vers le reste de l’Europe, que l’on estime à 6 milliards de dollars. Nous sommes aussi développés en machinisme agricole et en production de semences, mais c’est plutôt dans l’accompagnement technologie des agriculteurs, que nous comptons suppléer aux efforts d’essor de l’Economie nationale.

D’ailleurs, je profite de l’occasion qui m’a été présentée par Algérie Eco, pour lancer un appel aux autorités algériennes et aussi aux opérateurs économiques, public et privé, pour accorder nos violons en vue de projets de partenariat, stratégiques et à long terme.

Concrètement, est-ce qu’il y a eu des partenariats dans le passé ?

Oui, et comme déjà rapporté, c’est depuis 2011, que Belarus est associé avec Belarus Motor Algerie, à Tadjenanet, dans la wilaya de Mila, pour l’assemblage de tracteurs. Il y a aussi un projet, en phase d’étude, d’assemblage d’engins Maz. Il y a lieu de souligner que la Biélorussie a les capacités requises pour implanter des usines en Algérie.

un dernier mot….

Je tiens aussi à révéler que cet après-midi (jeudi), j’ai eu droit à une audience accordée par le ministre des Affaires étrangères et celui du Commerce. Parmi les volets ou les discussions ont plus au moins évoluées, c’est celui du tourisme. Notre pays est très avancé dans les domaines du tourisme médical et de l’écotourisme. L’objectif commun étant d’augmenter le nombre des touristes vers les deux destinations, algérienne et biélorusse. Enfin, je suis satisfait de l’intérêt manifesté par le public à l’égard de nos stands.