Patrick Sophienne Baudry, Directeur de Jumia Algérie : « prés d’1 milliard d’euros de marchandises vendues sur Jumia au niveau de l’Afrique »

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Jumia Afrique

Patrick Sophienne Baudry, Directeur de Jumia Algérie, dans cet entretien qu’il nous a accordé,  explique ce qu’est la plate-forme de e-commerce Jumia et son apport au profit des entreprises qui veulent se déployer sur le marché africain et qui peuvent sceller également des partenariats interafricains vu que cette plate-forme couvre 23 pays du continent.

Algérie-éco : Jumia, qu’est-ce que c’est au juste ?

Patrick Sophienne Baudry : Jumia est un Groupe panafricain crée en 2012 par M. Sacha Poignonnec et Jeremy Hodara, son axe d’intérêt est l’Afrique. Au départ il était question de s’implanter dans cinq pays, l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Maroc et l’Algérie mais cela a été plus long pour le dernier pays dans lequel nous n’avons pu démarrer qu’en 2014. Le Holding légal se trouve actuellement en Allemagne. Jumia est spécialisée dans le commerce en ligne. Nous développons une activité de e-commerce  dans 23 pays africains. Nous disposons de 10 sites, chacun sa spécialité.

On a le e-Commerce en tant que tel  comme « Amazone ». On a Jumia Travel, une plateforme de réservation d’hôtels et de vols, Jumia Food, un site de commande en ligne de nourriture, de la restauration à domicile,  Jumia Cars, House et Deals des sites de petites annonces classées connectant vendeurs qui fait tout ce qui est achat /vente immobilier et Jumia Service, un service de logistique B2B. Ces quatre segments de e-commerce sont lancés en Algérie. Nous sommes en train de contracter des partenariats pour développer davantage l’activité.

Est-ce que cette activité n’est pas un peu difficile vu que le e-commerce n’est pas vraiment développé en Algérie ?

Effectivement, mais c’est également le cas dans toute l’Afrique vu que le e-commerce est tout nouveau dans la sphère numérique africaine. Le modèle de e-commerce nous permet de travailler avec toutes les catégories, Jumia est  une « market place », tout le monde peut y recourir, le particulier, le petit artisan, les petites comme les grandes entreprises. Nous  sommes présents dans 16 pays avec une infrastructure lourde et des équipes importantes. Je vous cite en exemple, Algérie où on est plus de 80 employés et au Nigeria avec plus de 500, dans les autres pays un peu moins.

Je le dirai sans rougir que dans certains marchés, nous sommes en position de leader et en développement de plus en plus accéléré. En Algérie, où nous sommes présents depuis deux ans et demi, nous avons mis les bases et  nous  nous sommes attelés à former les équipes et actuellement nous comptons lancer un certain nombre projets.

Le problème des transactions en ligne est souvent mis à l’index, à cause des arnaques, est-ce que les acheteurs sont sécurisés de ce côté-là?

Aujourd’hui, Il n’ ya pas plus sécurisé que Jumia car le payement se fait après la livraison. Donc, la personne qui a fait sa commande ne paye qu’une fois le produit réceptionné. Cela est un gage de sécurité mais également de confiance. En Algérie, nous avons plus d’1 millions de sessions sur notre site, plus de 15 000 commandes par mois, 800 000 utilisateurs qui se sont connectés 1 million de fois, 9 millions de pages vues, avec 50% de visiteurs qui viennent régulièrement, et qui passent plus de 5 minutes sur le site. 30% se font sur ordinateurs alors que 70% sur téléphone mobile. C’est dire, l’importance du  téléphone mobile qui devient le vecteur de développement économique à l’heure actuelle, un moyen de communication et d’ouverture sur le monde, le commerce et l’échange. En tous cas ; il ya un grand potentiel qui mérite d’être plus développé.

Pour vous donner une idée de la taille du Groupe nous sommes à 15 000 commandes/jour dans les pays où nous disposons d’une présence importante et en termes de valeur financière des transactions, prés d’1 milliard d’euros de marchandises vendues sur Jumia au niveau du continent africain.

L’objectif  de notre plate-forme est de proposer un maximum de produits neufs à tous les prix dans les secteurs aussi riches que variés, bricolage, cosmétiques, habillement, restauration, etc, qui sont vendus en monnaie local, livrés en quelques jours sauf la restauration bien sûr qui nécessite une livraison rapide.

Est-ce que vous activez dans toutes les régions d’Algérie ?

Nous sommes dans 41 wilayas où la distribution  se fait normalement sauf le Sud, nous n’avons pas encore de partenaires logistiques. C’est un peu compliqué mais on poursuit notre prospection.

Vous participez à l’Afterwork de JIL’FCE organisé sous le thème «  l’Afrique à l’heure du digital et du e-commerce », quels sujets allez-vous aborder ?

Effectivement, ce sera l’occasion d’abord de présenter la plate-forme Jumia, ensuite nous aborderons deux thématiques qui seront mis en exergue. Il s’agit  de l’initiative Jumia local, ainsi que l’action d’accompagnement Jumia à l’export. Aujourd’hui Jumia  est présente dans 16 pays africains en mode e-commerce, pour une marque qui veut pénétrer le marché et  développer son activité dans le marché africain, on est l’un des seuls acteurs à offrir une plateforme pour pouvoir entrer dans le pays ciblé.

Comment procédez-vous?

Alors soit  le producteur a déjà un distributeur dans le pays africain où il veut mettre ses produits de façon un peu plus soutenue, ou soit nous proposons de lui offrir un nouveau canal et nous garantissons une mise en contact avec des partenaires dans les pays où il ne dispose pas de distributeur. En outre, le coût à l’exportation est réduit ainsi que le gain de temps est tout aussi non-négligeable car pour se déployer à l’export, cela nécessite de gros moyens que nous, nous pouvons faciliter.

Et pour ce qui de la deuxième thématique ?

C’est une initiative que nous avons lancé dans quelques pays, l’idée est de contribuer à mettre en avant les entreprises locales. C’est-à-dire que nous allons lister les entreprises et leurs produits pour leur donner une meilleure visibilité via notre plate-forme. Je rappelle que nous avons lancé cette incitative en Egypte et au Nigeria et en quelques temps, on a listé plus de 6000 produits de produits made in Egypt. on a lancé l’initiative au Kenya et bientôt au Maroc et la Côte-D’ivoire. Pour ce qui est de l’Algérie, Jumia local sera une bonne occasion pour les entreprises et les producteurs nationaux pour lister leurs produits et avoir de la visibilité. Il faut avoir au moins une cinquantaine d’entreprises pour pouvoir mettre en place une feuille de route et travailler sur  la partie contenu et lancer l’incitative. C’est ce que nous essayerons de développer avec JilFCE et toutes les entreprises intéressées par l’initiative.