Air Algérie, sortira-t-elle de la zone de turbulence ?

Air Algérie se porte mal

Rien ne va plus, au sein d’Air Algérie,  il semble que la compagnie aérienne nationale, n’arrive pas à sortir de son marasme. Et pour cause, ces dernières années ont été marquées par le rythme incessant de grèves et de mouvements de contestations. Le crash du vol 5017, d’Air Algérie, reliant Alger à Ougadougou , en 2014, les récurrentes pannes techniques, le mécontentement de la clientèle, les déficits financiers et pour finir l’éviction du PDG en 2017 ont précipité la compagnie dans une situation alambiquée.

Une suite de fâcheux incidents qu’ont connus plusieurs vols de la compagnie, notamment le scandale survenu à El-Oued où les deux pilotes de l’AH6252, étaient encore stagiaires. Et ce en plus, des multiples dysfonctionnements des prestations et services (retards, billetterie, etc), qui ont fait sa mauvaise réputation.

Il va sans dire, que se sont là, des signaux qui ne trompent pas, le mal est profond, et ne date pas d’aujourd’hui. En dépit de plusieurs tentatives de redressement de la part de la tutelle, à l’image du dernier plan de modernisation annoncé cette semaine,  par le ministre des travaux publics et des transports, Boudjemaa Talai, la résistance est bien présente. Elle s’opposera toujours à toute forme de changement, et s’exprimera par des protestations cycliques pour maintenir une gestion mercantile basée essentiellement sur le clientélisme et les passe-droits.

Pour les observateurs, les scandales qui entachent cette entreprise depuis des années, trouvent leurs origines dans les pratiques douteuses  de sa gestion qui minent la compagnie. Notamment au niveau du recrutement et de la gestion financière. Les recrutements d’enfants de hauts cadres de l’Etat à des postes de responsabilité. Et jusqu’ au limogeage du PDG M.Bouderbala, qui s’est accompagné de  dossiers de recrutement douteux d’ingénieurs selon le personnel de la compagnie.

L’autre gouffre qui tire la compagnie vers le bas, est sans conteste la gestion financière. Et pour cause, Air Algérie génère un chiffre d’affaires de prés de 80 milliards de dinars, pour 80 milliards de dinars  de charges, autrement dit,  elle travaille à perte, du moment, qu’elle n’enregistre pas de bénéfices. C’est précisément le fond du problème. Il est impensable, pour une compagnie aérienne qui était le fleuron de l’aviation africaine, de se retrouver  presque en situation de cessation de paiement, et de surcroit croulant sous les dettes.

 « C’est une  société par actions, ce qui veut dire un bilan et en regardant le bilan d’Air Algérie, moi je vous dis que la compagnie se porte mal » avait souligné M.Talai, lors de l’installation du nouveau DG par intérim.

Le spectre de la privatisation plane sur l’avenir de la compagnie, c’est du moins ce que pensent certains syndicalistes internes,  notamment ceux du syndicat UGTA de l’entreprise qui soutient la théorie du complot contre la compagnie pour  favoriser sa privatisation.

Officiellement, aucune allusion à la privatisation d’Air Algérie n’a été faite par la tutelle qui met en avant un plan de modernisation, de développement de prise de parts de marché, et de réhabilitation de l’image de la compagnie. « Il faut savoir augmenter nos parts de marché en améliorant les services comme il se doit, Il faut améliorer l’image d’Air Algérie  car aujourd’hui, nous sommes attaqués de toute part. Ils nous ont qualifiés de tout » a martelé M.Talai.

En somme, ce qui ronge Air Algérie aujourd’hui, aux yeux des spécialistes, se sont ces tiraillements entre la volonté  politique d’instaurer un renouveau susceptible de redonner à la compagnie son lustre d’antan sur tous les plans, et une nomenklatura qui a mis main-basse sur l’entreprise et semble vouloir y rester. La compagnie, vat-elle enfin sortir de la zone de turbulences ? La question reste posée.